Comment réaliser une cartographie des températures ?
La cartographie des températures mesure la répartition de la température dans une zone de stockage et repère les points chauds et froids. Le résultat indique où placer les sondes permanentes et quelles parties de la zone ne conviennent pas aux produits sensibles.
Dernière mise à jour:
Ce contenu est fourni à titre d'information uniquement. Il ne constitue ni une interprétation réglementaire, ni un avis d'audit, ni une instruction de conservation pour votre produit. L'étiquetage approuvé du produit et les lignes directrices en vigueur de l'autorité compétente font foi.
Le thermostat d’une pièce peut afficher la bonne valeur alors que la température n’y est pas la même partout. La zone près de la porte, les étagères proches du plafond, l’espace devant une unité de refroidissement et un mur exposé au soleil se comportent tous différemment. La cartographie des températures sert à mesurer cette différence.
Pourquoi est-elle nécessaire ?
Les lignes directrices EU GDP (point 3.2.1) demandent qu’une zone de stockage soit cartographiée avant son utilisation, dans des conditions représentatives. Les dispositifs de surveillance permanents sont ensuite placés là où la cartographie révèle les plus fortes variations. La cartographie est renouvelée à une fréquence fixée par une analyse de risques, et chaque fois que l’installation ou ses équipements de régulation de la température changent de manière importante.
Autrement dit, la cartographie n’est pas un exercice ponctuel. Elle décrit le comportement actuel de la zone et doit être revue quand la zone change.
Un protocole avant toute mesure
Une bonne cartographie commence par un protocole écrit. Il précise :
- l’objectif de l’étude et la zone qu’elle couvre,
- les critères d’acceptation, c’est-à-dire la plage dans laquelle le produit doit être stocké,
- un plan d’implantation indiquant l’emplacement de chaque sonde,
- la durée de l’étude et les conditions d’exploitation dans lesquelles elle se déroule.
Les mesures sont relevées à intervalle fixe par des enregistreurs de données étalonnés. Leurs certificats d’étalonnage sont joints au rapport : une mesure sans certificat est une mesure que personne ne peut interpréter.
Où placer les sondes ?
Il faut penser la zone en trois dimensions. Les enregistreurs sont répartis sur les niveaux bas, intermédiaire et haut. Ils ne sont pas regroupés en un seul point, mais distribués de façon à représenter ensemble toute la zone. Les emplacements suivants sont couverts en particulier :
- près des portes et des quais de chargement,
- le long des murs extérieurs et des fenêtres,
- autour des éclairages, des appareils de chauffage et des unités de refroidissement,
- au centre de la zone, comme point de référence.
Dans les entrepôts à rayonnages, la différence entre les niveaux supérieurs et le niveau du sol fait l’objet d’une attention particulière, car l’air chaud monte et les niveaux hauts peuvent se comporter autrement.
Combien de temps doit-elle durer ?
Plutôt qu’un nombre de jours fixe, la bonne question est de savoir si l’étude couvre le fonctionnement normal de la zone. Les heures où les portes s’ouvrent le plus, les jours travaillés et non travaillés, ainsi que les cycles du système de froid doivent tous entrer dans la période d’enregistrement.
Lorsque le climat extérieur influence la zone, la cartographie est réalisée en saison chaude et en saison froide. Elle tient compte aussi du fait que la zone ne se comporte pas de la même façon vide et pleine.
Cartographie et surveillance continue
La cartographie est une étude menée sur une période définie, et elle montre comment une zone se comporte. La surveillance continue fonctionne chaque jour avec des sondes permanentes, et elle montre si la condition est respectée.
Les deux se complètent. La cartographie détermine où se fait la surveillance : les sondes permanentes sont placées là où elle a relevé les points les plus chauds et les plus froids. Avec le temps, les données de surveillance peuvent à leur tour indiquer qu’une nouvelle cartographie s’impose.
Que doit montrer le rapport ?
En plus des données brutes, un rapport de cartographie présente les points chauds et froids, les éventuelles mesures hors plage et leurs causes probables, l’emplacement prévu pour les sondes de surveillance permanentes et les zones à ne pas utiliser pour les produits sensibles. Un bon rapport est rédigé assez clairement pour que la personne suivante puisse refaire la même étude de la même façon.
La place de la cartographie dans les BPD est expliquée dans Que sont les BPD ?, et les risques que rencontre un produit après sa sortie de l’entrepôt dans Où se rompt la chaîne du froid ?
Références
- WHO, Temperature mapping of storage areas, Technical supplement to WHO Technical Report Series No. 961, Annex 9 (2015)
- European Commission, EU GDP Guidelines (2013/C 343/01), section 3.2.1
À titre d'information uniquement : ni interprétation réglementaire, ni instruction de conservation.